• Mon passage en cuisine


    Mon passage en cuisineC'était la fin de l'été, j'avais cours un jour de cours dans la semaine, et pour gagner un peu de sous j'ai décidé de m'inscrire dans une boîte d'intérim. Le jour même de mon inscription, ils m'ont trouvés un travail en restauration, en tant que plongeuse. C'est donc sans aucune expérience dans le monde de la restauration que je suis allée mettre un pas dans un Del' Arte. Et c'était sans doute l'expérience de travail la plus douloureuse de ma pauvre vie. 

    Le restaurant dont je ne citerais pas la localisation, était très bien noté et il avait de quoi. Les employés sont sérieux, le patron le cliché parfait du patron sans être trop injuste, L'hygiène est parfaitement respecté... Bref pas de cauchemar en cuisine, c'est un restaurant qui roule. Alors pourquoi tant de haine ? Eh bah moi je vais vous le dire.

     (Oui c'est moi sur la photo).

     

     

     

     

    Un métier a passion: Ce métier prend énormément de temps. En fait, tout ton temps. Donc a moins d'être absolument passionné par la cuisine, ce que je ne suis pas même si j'apprécie cuisiner et regarder le meilleur pâtissier de temps à autre. Donc je dois avouer que ça m'a très vite gonflé.

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    Les horaires: 12 h - 15 h 30/ 19 h 30 - 23 h 30 (moyenne et majorité des jours).

    Cela dépend des restaurants mais là où j'étais, les salariés avaient environ 1 jour et demi de repos dans la semaine. Ce jour pouvait varié, donc ils pouvaient très bien avoir leur seul jour entier de congé le lundi d'une semaine, puis le dimanche la semaine d'après (donc 2 semaines sans poses). 

    Ma situation étant particulière puisque j'étais en intérim, et à la plonge à ce moment-là je ne travaillait souvent que le soir et était plutôt tranquille. 

     

    Le travail en plonge:

    Je parle de là où j'étais, un restaurant situé prêt d'un lieu très touristique, et donc qui faisait et fait toujours énormément de client dans la journée. J'étais sois toute seule, sois accompagnée de quelqu'un.

    La plonge est un travail de répétition et de rapidité, très fatiguant, et cyclique. 

    • Le plongeur ou les plongeurs posent les bacs destinés à accueillir la vaisselle sur les hauteurs pour la vaisselle contenant le liquide (qu'on viendra a chaque fois chercher en hauteur lorsqu’ils seront pleins). Les bacs contenant les couverts seront sur le côté, et ceux contenant la vaisselle accueillant la nourriture sur deux barres qui nous permettront de les faire glisser jusqu'aux machines qui les laves.
    • Les serveurs mettent la vaisselle dans les bacs, ou la laisse sur le côté lorsqu'ils sont vraiment trop débordés. 
    • Pour la vaisselle a nourriture, il faut la rincer au jet avant de la passer dans la machine pour enlever les restes de nourritures non jetés a la poubelle (sauces, etc...).
    • Selon les bacs ont les passe un certain nombre de fois dans les machines qui lavent la vaisselle a eau très chaude (150°). Pour les couverts c'est trois fois, la vaisselle a nourriture une seule, et la vaisselle liquide deux fois). 
    • Une fois la vaisselle propre, il faut la trier rapidement en la sortant des bacs, sur un petit espace prévu derrière. La difficulté à ce stade est que la vaisselle est lavé à très haute température et donc brûlante quand on la sort. Je ne sais pas combien de fois je me suis versé de l'eau bouillante dessus également. 
    • Enfin il faut passer en cuisine ranger la vaisselle sans gêner les cuisiniers, ou dans la partie "passe" où les serveurs viennent chercher la nourriture sans les gêner eux non plus (tu as plutôt intérêt à slalomer).
    • A la fin du service, il faut nettoyer toute la plonge de fond en comble, entretenir les machines, plus aucun résidu de nourriture sur le sol ni le comptoir de la plonge. Bref l'hygiène normal, mais après le service intensif, c'est un peu le truc chiant a faire. 

    Ce j'ai trouvé le plus difficile:

    Franchement le plus dur c'est la pression de la vitesse, si on ne va pas assez vite, les serveurs manquent de vaisselle, les cuisiner aussi, c'est un peu le bordel. Les serveurs et cuisiniers sont également sous pression donc pas toujours très agréable selon la personne (ce qu'on peut comprendre), et enfin c'est facile de s'ébouillanter la main en voulant aller vite. Heureusement a force de porter de la vaisselle brûlante certaines parties de mes doigts étaient plutôt bien désensibilisés à la chaleur. Mais pas mes pauvres bras qui ont dû se prendre pas mal de flotte bouillante. 

    Je me suis vachement étalée sur cette partie là pour montrer qu'il n'y a pas que les serveurs ou les cuisiniers, les plongeurs ne sont jamais montrés, et pourtant sans eux rien ne tourne. Mais c'est vrai c'est pas super glamour.

     

    Mais ce n'est pas tout. J'ai finalement été prise en cuisine, mon travail étant plutôt bien appréciée, et moi grande naïve, après un mois a la plonge j'étais bien contente de plus y être. Si seulement j'avais su.... 

    Déjà je ne travaillais plus que le soir hein, et quasiment a temps pleins. Vu que j'étais en intérim je pouvais aussi très bien me lever le matin tranquillou en me disant "aujourd'hui c'est repos", et me faire appeler a 16 h 30 pour aller bosser a 19 h 30. Oui j'aime ça (non). 

    Aussi, j'ai oublié de parler d'un détail: moi je prends le bus, et il me faut 40 minutes pour aller là-bas en bus et a pieds). Donc je n'avais plus de vie:

    10 h 30: Levé

    11 h: Partir au restau

    11 h 45: Arriver au restau

    12 h: Prise de poste

    15 h 30: Fin de poste

    16 h: Bus

    16 h 30: Chez moi

    ___________________

    18 h 30: Partir au restau

    19 h 15: Arrivé au restau

    19 h 30/ 20 h: Prise de poste

    23 h 30/ 00 h: Fin de poste

    Là j'attendais qu'on me ramène mais comme c'était pas moi qui décidais l'heure de départ souvent...:

    01 h 30/ 2 h 00: Rentré chez moi.

    Voilà. Donc je n'avais plus de vie je disais. Parce que c'était ça presque tout les jours.

    En vérité la pression en cuisine est beaucoup plus grande, je devais faire les salades et les desserts qui étaient bien souvent déjà organisés pour qu'il n'y ai que la cuisine de dernière minute à faire, mais c'était plus que le speed, puisque les commandes arrivaient a toute vitesse. 

    Avec de l'entrainement j'ai réussis a prendre le plis, mais voilà le vrai problème ce n'était pas la cuisine. C'était ma collègue en cuisine. Cette sale sale (référence ?). Je la hais mais j'ai pas envie d'insulter de gens. 

    Je vais l'appeler, fleur de printemps

    Fleur de printemps avait un bon gros caractère de merde. Et c'était elle la seule et l'unique collègue avec moi du côté salade et dessert. Il faut savoir également que j'étais la seule étudiante et que tout les autres avaient un diplôme en cuisine. 

    En réalité j'aurais plutôt dû être chargé de la préparation des bacs de légumes et poissons frais pour le lendemain, du stock ce genre de choses, et venir donner un coup de main à fleur de printemps quand elle en avait besoin parce que c'était trop speed, mais fleur de printemps avait décidé l'inverse. Je me retrouvais donc a faire toute la bouffe, pendant qu'elle avec son diplôme de cuisine gérait tranquille pépère les stocks, et me râlait dessus quand j'avais le malheur d'avoir besoin d'aide. (Tout les jours donc).

    Pour illustrer un peu, je vais vous compter la fois qui m'a le plus marqué:

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    "Derrière le comptoir, Saorsa s'activait pour préparer les desserts. Sa charmante collègue, fleur de printemps, avait été appelée a la dernière minute et n'était donc pas de très bonne humeur. 

    "Pourrais-tu me donner un citron ? Demanda gentiment Saorsa, qui n'avait pas le temps d'aller chercher un de ces stupides citron a sa collègue serveuse.

    -Je n'en ai plus, désolé ! Avait répondu la concernée. 

    -Tu vas en chercher un comme tout le monde et tu fais pas chier  ! Avait répondue la jeune et énergique fleur de printemps sur un ton énervé et bêtêtisant."

    Saorsa, plutôt sur les nerfs parce que fleur de printemps lui en faisait baver depuis maintenant 1 h 30, avec son humeur fraîche comme une pétale de rose, alla vers la réserve quand soudain elle se fît brusquement arrêter par fleur de printemps qui avait été chercher un citron en entendant la question, et l'écrasa sur la table a côté de l'étudiante. Saorsa allait donc prendre le citron pour finir son dessert (qui ne manquait en fait plus que d'une rondelle de citron pour le décorer), mais se fit pousser par fleur de printemps qui posa la rondelle de citron et donna le dessert a la serveuse. 

    "Je le fais parce que tu es vraiment trop lente, tu sers à rien." Avait-elle dit de sa douce voix. 

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    Donc en fait a ce moment-là c'était soit je prenais une pause forcée, soit je lui éclatait la tête pile là où elle avait "posée" le citron. Donc je suis sortie dehors, et je me souviens avoir tellement contenue mes nerfs, que lorsqu'un des cuisiner est sortit voir si j'allais bien (et m'a demandé si j'allais bien), j'ai éclaté en sanglot. Elle travaillait dans l'établissement depuis 3 ans et était la plus efficace, mais elle s'était aussi prit la tête avec absolument tout le monde. Mais moi qui était là depuis 3 mois je n'avais pas vraiment la légitimité de lui dire d'aller cordialement se faire mettre. Et ça me frustrait beaucoup de ne pas pouvoir lui dire, étant plutôt sang-chaud et franc-parler, de base.

    Bref la cuisine c'était de la merde, mais surtout a cause d'elle là. Parce que quand je le faisais avec n'importe quel autre collègue car fleur de printemps était en congé, et ben je m'amusais même. C'était une expérience hyper enrichissante.

     

    Fin de la longue histoire, ça fait du bien d'écrire tout ça ! Ceux qui sont restés jusqu'au bout... Bah mes condoléances vous devez être maso. 


  • Commentaires

    1
    Samedi 25 Avril 2020 à 04:36

    Ça m'aurait juste déstabilisé de ouf le comportement de ta collègue. Au final tu travailles toujours là-bas ? (enfin j'entends avant qu'il y ait le confinement :') )

    2
    Mercredi 13 Mai 2020 à 15:11

    Non plus du tout et encore heureux ! XD

    3
    Lundi 22 Février à 19:37

    On y pense rarement mais oui, les travaux "en arrière plan" sont souvent aussi difficile que le reste! :o Mine de rien il faut prendre le rythme surtout dans des boîtes hyper fréquentés (que ce soit en restauration, a carrouf ou au cgr en caissier/e, ou d'autres trucs).  Le surnom "fleur de printemps" est tellement ironique, j'en ri mais je pleure pour toi d'être tombée sur pareille crasse. :')
    La pression est énorme en restauration en générale, et pire encore dans les macdo surtout quand t'es étudiant/e. :/ Tu subie absolument tout le reste de la hiérarchie. (mais d'un côté ça peut forger le caractères de certains, et vu comment c'est dans la vie active c'est pas tellement un mal!)

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